Qui étaient nos ancêtres ?

Chronique et résumé du livre : Qui étaient nos ancêtres ?

 Phrase résumé du livre : Jean-Louis Beaucarnot enquête sur nos ancêtres, sur l’origine de nos noms de famille et sur ces expressions qui nous sont si familières. Avec verve et humour, il insiste sur les fossés qui nous séparent de nos aïeux : la vie quotidienne, le rapport au travail, les amours, la religion. Un ouvrage idéal pour retrouver ses racines…

Qui étaient nos ancêtres ?De Jean-Louis Beaucarnot, 426 pages, 2004

  •  Où étaient-ils ? Une place pour chacun et chacun à sa place
  • Comment vivaient-ils ? Quand nos ancêtres vivaient Loft Story
  • Que pensaient-ils ? Heureux Les affligés !
  • Comment étaient-ils ? Des modes décalées

L’auteur commence par nous expliquer que la généalogie est en pleine ébullition. Phénomène de société où nos ancêtres, les humbles et les anonymes viennent nous interpeler, les petits et sans-grade comme disait Edmond Rostand.

Des ancêtres on en a pleins, des milliers, des millions, des milliards, comme dans toutes les familles, il y a eu des mariages consanguins plus ou moins éloignés, nous descendons donc de plusieurs fois d’un même ancêtre (l’implexe des ancêtres).

Si un jour votre barbe se mettait à fleurir, ce que 9 français sur 10 descendent de Charlemagne ! Difficile de dire si Charlemagne en avait vraiment une barbe fleurissante car on a aucun portrait du grand empereur.

Une multitude d’ancêtres à découvrir qui confirme ce que disait la Bruyère, que nous descendons à la fois de rois et de pendus. Ces « rois » peuvent être des ancêtres issus de la noblesse, tandis que ces « pendus » peuvent être des bagnards ou des condamnés. Plus que l’on remonte les générations en généalogie plus que la disparité géographique est grande, le « Parisien » de Paris est un mythe. De plus les brassages de familles ont été nombreux depuis l’exode rural et la révolution industrielle.

Pour savoir qui étaient nos ancêtres, mettons de côté Louis XIV, Charles Constantin de Provence et charlemagne. Sortons des couloirs du Louvre et des antichambres de Versailles pour aller au cœur de villages inconnus. Nous allons retrouver ce monde oublié de nos ancêtres où jadis il n’y avait ni électricité, ni télévision, c’est-à-dire un monde fondamentalement différent du nôtre.

 

I – Qui étaient-ils ?

1) Ancêtres des villes ou ancêtres des champs ?

Dans nos arbres généalogiques, des ancêtres, ont en trouve de tout genre, de toute conditions, de toutes mœurs et de toutes professions. Longtemps le destin et l’avenir d’un enfant dépendait de ceux des parents, chaque personne avait sa place car le milieu était bien structuré. Nos ancêtres étaient pour la majorité des ruraux.

Savez-vous que la « banlieue » au moyen âge désignait l’espace d’une lieue (4 à 5 Km), tout autour de la ville où la ville exerçait un pouvoir politique, faire valoir leur droit de ban, de légiférer. Nos villes sont nées en rase campagne, la Gaule était la province agricole la plus prospère de l’empire romain.

Au lendemain de l’an mil, la France connaîtra une formidable croissance démographique et pour différencier chaque personne les noms de familles prennent naissance. Au début les personnes possédant le même prénom s’est vue attribuée un surnom de par son métier, son apparence physique, caractère et personnalité, etc.. Puis aux environs du XIIIe siècle, ces surnoms deviennent héréditaires sans pour autant que l’orthographe soit figée. Nos ancêtres étaient rarement des urbains, parfois des gens de la forêt mais une foule de ruraux qui étaient artisans, notables ou paysans.

2) Dominants ou dominés ? Chanoines, sacristains, nobles, gros bonnets et les autres

Nos livres d’histoires nous ont appris que la population française de 1789 était composé de trois ordres : le clergé, qui assurait la prière et la vie intellectuelle ;

La noblesse, qui assurait la défense militaire et la vie politique, et le tiers état, qui devait à lui seul assurer la subsistance et la vie matérielle des trois. Contrairement à ce est dit, la particule nobiliaire (de..), n’a donc pas existé car nombres de familles nobles n’ont jamais eu de préposition ni de particules. Les nobles se distinguaient dans les actes par écuyer ou chevalier. Ces derniers étaient identifiés par des blasons qui étaient leur « logo » personnalisé. La noblesse étant acquise par la naissance, par une charge ou par une fonction pouvait se perdre par le non-acquittement de ces droits de confirmation, où suite à une condamnation infamante ou même par dérogeance. Mais bien entendu cette noblesse était « récupérable » en achetant des lettres de réhabilitations. Les titres de noblesses allaient du prince, duc, marquis, comte puis le vicomte et le baron. Nos ancêtres étaient rarement des gens issus de la noblesse, c’est-à-dire moins de 1,5% de la société.

Les laboureurs ont longtemps possédés des attelages, troupeaux, récoltes. Ils n’hésitaient pas à placer leurs enfants selon leur milieu en les mariant, et en les mettant en apprentissage souvent à des relations de travail. Le notaire incarne la réussite sociale et placer ses rejetons chez lui pouvait prédéterminer une vie meilleure pour l’avenir de sa famille.

Nos ancêtres sont à 95% des ancêtres ruraux, des « enfants de la terre » dont une immense majorité de laboureurs.

3) Actifs ou passifs ? Des acteurs hauts en couleur :

Au carrefour de la ville et de  la campagne se trouvaient des notables respectés et influents, acteurs importants de la vie économique, beaucoup font partis de nos ancêtres. Le notaire était incontournable, c’était un travailleur itinérant qui rédigeait les testaments, dressait les inventaires après décès ou pour établir un contrat de mariage, les contrats d’apprentissages, etc. Il y avait plusieurs sortes de notaires : les notaires royaux, les notaires apostoliques et les notaires seigneuriaux

Le trio de choc : le curé, le maire et l’instituteur. La religion était omniprésente, le curé influençait tous les paroissiens et comme il est souvent le seul à savoir lire et écrire, le curé avait un pouvoir et s’incrustait partout dans la vie des gens. On trouve le « recteur d’école » qui était chargé de diriger l’école.

Les lieux sociaux ne manquaient pas ! Auberge, taverne, cabaret, café dont les tenanciers seront des personnages influents. Les parisiens prirent rapidement goût au café malgré le dégout de la marquise de sévigné. Le café à débarqué pour la première fois dans le port de Marseille vers 1650.

Ne pas oublier d’autres acteurs incontournables, tel que le meunier, le forgeron puis plus modestes les charrons, fabricants de chars, de charrettes, etc. Les bouchers et les boulangers ne se rencontrent qu’en ville jusqu’à la fin du XIXe siècle.

 

II – Comment vivaient-ils ?

 1) Sédentaires ou voyageurs ?

Après avoir identifié ses ancêtres par leurs noms et leurs dates de naissances, mariage et décès, le généalogiste à l’aide d’autres sources d’archives va découvrir un monde complètement à l’opposé du notre. L’horizon de nos ancêtres était très limité et s’arrêtait aux limites du village, leur seigneur et leur curé. Du berceau à la tombe, les vies s’écoulaient à l’ombre du clocher. Le voisin de village voisin était même considéré comme « l’estranger », l’inconnu de passage était automatiquement considéré comme une source de crainte et de défiance.

La paroisse et la seigneurie resteront longtemps les deux cadres essentiels de la vie, souvent rivales et concurrentes. Les grandes familles se disputent souvent la souveraineté d’une communauté ou d’un hameau. Comme nos ancêtres n’ont quasiment aucun contacts avec l’extérieur, au sein du royaume, une multitude de dialectes sont parlé ainsi que des milliers de patois propres à de très petits terroirs.

Il y a des exceptions où certains de nos ancêtres étaient de grands voyageurs pour l’époque comme le curé bourguignon, l’abbé Courtépée qui visitera sa province pour en dresser un inventaire touristique, la sillonnant à cheval pendant des années. L’étude du journal du Sire de Gouberville, vivant au XVIe siècle aux environs de Cherbourg nous renseigne sur ces nombreux déplacements à pieds ou à cheval mais souvent en ne s’éloignant pas trop les destinations locales.

L’évolution des moyens de transports et la révolution industrielle va provoquer le début de l’exode rurale qui va vider les campagnes.

2) Vie publique ou vie privée ?

Les hommes et les femmes faisaient toujours partis d’un groupe, car chaque personne avait sa place. L’individu existe moins par lui-même qu’en tant que membre d’une société ou d’une communauté. Le seigneur, par exemple, est ainsi entouré en permanence en plus de sa maisnie, autrement dit du groupe qui « demeurait avec lui » (sa femme et ses enfants, ses valets et ses hommes d’armes). Mais l’homme et la femme ont donc leur propre espace. A l’école chaque sexe à son territoire, sa travée ou son bâtiment. En Gascogne dit-on les femmes à la maison, comme les chiens ; les hommes à la rue, comme les chats. La forge, l’auberge et le moulin sont des lieux de sociabilité masculins alors que le lavoir, le puits ou la fontaine sont plutôt des endroits féminins.

Du bébé joufflu au vieillard chenu, l’odyssée humaine semble avoir été universellement et comme éternellement la même.

Le célibataire était mal vu car la répartition par sexe et par tranches d’âges induit qu’au sein de grandes cohabitations forcées, chacun doit apporter sa part de travail à son groupe mais aussi assurer une part équivalente dans le groupe de l’autre sexe.

L’église par ailleurs réprouve le célibat prolongé ainsi que les couples stériles qui sont considérés comme maudits. Par ailleurs un veuf ne pouvait le rester car une femme doit être là pour assurer le ménage, donc les remariages sont rapides.

L’immense majorité de nos ancêtres ont vécus dans une seule pièce qui était à la fois cuisine, salle à manger, chambre. Les lits étaient sommaires. Il n’y avait donc pas d’intimité. Pendant que les vieillards de la famille agonisaient, les jeunes mariés accomplissaient plus ou moins discrètement leur devoir conjugal. Nos ancêtres habitaient dans une sorte de loft sombre et mal aéré.

Dans un monde où chacun doit avoir sa place, les enfants naturels et abandonnés étaient exclus. Le mariage homogène dans le même milieu était la règle, les mariages avec des personnes extérieures à la paroisse étaient l’exception.

Les secrets de familles sont difficiles à percer car celles qui les ont mis en place souvent ne sont plus là. Ces secrets pouvaient être liés à la filiation, au mariage, des situations jugées dévalorisantes, des comportements condamnables.

Nos ancêtres étaient respectueux de l’ordre

3) Autarcie et bas de laine :

La différence fondamentale entre notre société moderne et celle de nos ancêtres réside dans notre consommation effrénée. Eux n’achetaient rien et ne jetait encore moins. Tout ce qui on besoin est soit produit, soit apporté sur place par exemple par le colporteur. Tout était conservé, le moindre clou rouillé, la moindre latte de bois, même la vieille paire de chaussures irréparables qui sera conservé dans le grenier déjà plein à craquer.

La taille était à l’origine un impôt exceptionnel levé en cas de dépassement budgétaire et pour financer les guerres. En ces temps là et même maintenant c’est devenu un impôt régulier dès le XIIe siècle, puis vint la capitation en 1695.

 

III – Que pensaient-ils ?

1) Naïfs ou sages ?

Les mentalités de nos ancêtres étaient à l’opposés des nôtres c’est tout simplement que leur quotidien est conditionné par des règles, normes et lois. Selon l’auteur la question est mal posé car comme la France est la fille ainée de l’Eglise, nos ancêtres sont « pétris de religion ». Toutes les étapes de la vie sont basées sur la religion du berceau à la tombe. Premièrement le baptême, puis la première communion, le mariage jusqu’à « l’heure des heures ». La religion était à a fois leur science et leur savoir.

L’année est rythmée par le calendrier religieux : En février la Chandeleur, puis le Carême, le Mardi gras et la Mi-carême, puis Pâques…

Les connaissances de nos ancêtres étant extrêmement limité, milles événement qui sont pour nous connus, le sont pour eux inexpliqués. La superstition s’est même installé au point que le bon sorcier, le rebouteux est souvent sollicité avec la mauvaise réputation du chiffre 13.

2) Silencieux, mais agités :

Nos ancêtres n’étaient pas bavards, s’exprimant peu et par des hochements de têtes et d’onomatopées. Lorsque qu’un gars voulait courtiser une fille, la tendresse faisait place à des pincements au bras de la jeune fille. Selon les régions cela pouvait aller d’une bourrade dans le ventre à des petits cailloux lancés sur elle.

Les demandes de mariages se faisaient souvent par l’intermédiaire du croque-avoine. Celui-ci est muni d’un signe visible de reconnaissance et sera invité ou non selon s’ils acceptent le projet et le candidat. Les réponses de la famille ne se fait jamais à l’oral mais par l’intermédiaire des gestes qui font comprendre au croque avoine la réponse. Pour une réponse négative la mère éteint par exemple son feu où si c’est oui il l’invite à un repas copieux.

3) Illettrés ou ignorants ?

Nos ancêtres savaient peu écrire que sa soit dans sa fréquence qu’à son accès. Les prêtres furent les mieux lotis pour l’écriture (les actes de baptêmes, mariages et sépultures) comme on connait bien.

4) Laborieux ou cools ?

Nos ancêtres n’ont pas de loisirs, de l’âge de raison à l’âge de la sénilité, ils travaillent…

5) Insensibles ou débauchés ?

En 1348, le curé de Givry, près de Chalon-sur-Saône, nous a laissé un document ou il a consigné les mariages et surtout les enterrements dut à la Grande peste noire qui décima plus du tiers des habitants de ce bourg.

 

IV – Comment étaient-ils ?

1) Laids ou beaux ?

Le portrait photographique a mis beaucoup de temps à se démocratiser surtout à cause du tarif. Vers 1850, le daguerréotype, ancêtre de notre « photo » , coûte 50 francs, soit environ 20 jours du travail d’un ouvrier mineur.

Difficile de connaître le physique de nos ancêtres, du moins avant que ne soit instauré le service militaire dont les arches ne concerne que les hommes.

Grands ou petits, la taille de nos ancêtres dépendrait de la nature du sol et à la variété des aliments qu’ils offraient. Les sols pauvres des régions de montagnes, le manque de lait et de protéines animales suffiraient à expliquer les petites tailles.

Evidemment l’hygiène n’existait pas et la dentition de nos ancêtres était plus que déplorable au point que lors de foires le barbier-chirurgien se chargeait d’extraire en public les dents pourries avec les bruits de tambours du garde champêtre pour couvrir les cris du malheureux.

2) Gros mangeurs et gros buveurs ?

Le pain de nos ancêtres : noir, rassis, mais sacré ! C’était la base de l’alimentation et non son accompagnement…

L’extraordinaire aventure de la pomme de terre…

3) Elégants ou en haillons ?

4) Sales ou parfumés ?

L’univers de nos aïeux était sombre et malpropre. Difficile d’imaginer le monde de nos ancêtres sans eaux ni électricité !

Paris à toujours été pollué ! L’air était constamment vicié par les relents du cimetière des Innocents, immense charnier occupant notre ancien « trou des Halles » à tel point qu’en 1776 les inhumations seront interdites. C’était l’époque du « tout à la rue » ou tout le monde jetait son pot de chambre sans scrupule, il fallait juste prévenir « à l’eau » et nombre de haut personnages ont été victimes de ces déjections sur la tête.

Conclusion :

Selon notre auteur Jean Louis Beaucarnot, le monde de nos ancêtres était manichéen, rude, fruste, cru, sombre et violent. Nous ne pourrions pas survivre longtemps dans « leur monde ». L’auteur nous propose à la fin de l’ouvrage une recette de vos ancêtres, mmmh pas très ragoutant…

Mon avis :

C’est de loin le livre que je préfère !!! On regarde d’un autre œil nos ancêtres après avoir lu ce livre !

Seriez-vous capable de vivre comme nos ancêtres ?

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