Le parcours infernal d’un ancêtre marin sur des navires pratiquant l’esclavage

Il y a quelques mois j’ai écris un article sur les traces d’un ancêtre marin ou j’étais très content de retracer son parcours avec les enregistrements maritimes. J’ai expliqué qu’en cherchant dans les tables alphabétiques on obtient son matricule puis on retrouve sa fiche détaillant sa carrière de marin.

Seulement voilà en examinant d’un peu plus près les destinations de son parcours je me suis rendu compte que cet  ancêtre ne voyageait pas pour voyager dans de somptueuses iles ! En effet, si les marins, matelots étaient au service du roi, ils ont malheureusement participé contre leur gré au commerce de l’esclavage. Les archives ne sont pas explicites de la traite des noirs, mais les destinations et les noms de certains navires par contre le sont.

Que pensez des navires qui s’appelaient la Négresse, les deux Négrillons, la Côte d’Angole, et des destinations telles que la côte d’or (qui est en fait l’état du Ghana, sur la côte de Guinée en Afrique). Elle tire son nom d’ailleurs de la poudre d’or que les Européens y trouvaient autrefois. Aussi le Cap Vert qui était un entrepôt d’esclaves.

Un de mes ancêtre, Pierre François Leprestre a fait plusieurs voyages dans des navires corsaires de 1772 à 1796. Il a été d’ailleurs au cours de sa carrière « Bofseman ». La marine utilise pas mal d’abréviations des fois difficiles et pénibles à lire. Avec le manuel lexique ou dictionnaire portatif des mots françois, « le Boffeman est un bas officier de vaiffeau, qui a foin de ce qui regarde les boffes et leur ufase. Le boffoir eft le lieu où l’on place l’ancre« .

destination la Côte d'or, le Cap Vert

fiche matricule

La mère de famille

Ci-dessus, la mère de famille qui était un navire négrier comme l’atteste l’article le Havre et la traite négrière du 18e siècle avec sa liste de navires. La dame Cécile également avec comme destination la côte d’or.

14 voyages au commerce :

Pierre François Leprestre a effectué 38 mois de jours au service, effectué 14 voyages au commerce, fait 135 mois y compris « de la Seine ».

Au cours de sa carrière Pierre François Leprestre fut pris par les anglais le 15 Avril 1793 dans l’ile de Tabaco puis est conduit dans les prisons d’Angleterre. L’ile de Tabaco est un état insulaire des Caraîbes situé dans la mer des Antilles. Dans les années 1783 à 1793, environ 1900 captifs furent débarqués dans cette ile.

Tiens mais pourquoi a t-il été fait prisonnier ? mystère… existe t-il un jugement de son emprisonnement aux archives ?

réponse : [Au traité d'Utrecht, en 1713, l'île passe sous le contrôle de la France (elle est alors appelée TABAGO) et demeure française jusqu'à sa capture en mars 1793 par les Britanniques, qui l'occupent jusqu'en 1815. En vertu du Premier Traité de Paris de 1814, Tabago, ainsi que Sainte-Lucie et Maurice, devaient être rétrocédés à la France mais la Grande Bretagne décida de conserver ces îles après les Cent-Jours. La langue néerlandaise disparait après 1850, cependant, il subsiste un créole français, aux locuteurs limités. Depuis 1962, elle forme une province de l'État indépendant de Trinité-et-Tobago]

La côte d’or, l’ile de Tabaco, la cap Vert, il n’y a pas de doute, ce sont des navires qui ont transportés des marchandises et des esclaves…

Le commerce triangulaire :

commerce triangulaireLes bateaux partaient d’Europe, Le havre, Saint Malo, Lorient, Nantes, Liverpool, Bristol, etc, chargés de marchandises d’échanges (armes, alcool, tissus, pacotilles) mettent 2 à 3 mois pour atteindre l’Afrique puis 2 à 3 mois sur les côtes Africaines. Les navires longent la côte Ouest de L’Afrique pour y capturer des esclaves noirs (la côte des esclaves, la côte d’or). Ces esclaves sont amenés aux ports du Brésil, les Caraibes après une périlleuse traversée de 2 mois. Lorsque les esclaves ont été vendus, les bateaux repartent par la suite en Europe chargés de produit coloniaux tel que le sucre, café, coton, indigo.

Les conditions dans lesquels les noirs étaient transportés étaient indignes, beaucoup souffraient de malnutritions, maltraitances, humiliations et mourraient.

C’est une période sombre de l’histoire…

L’esclavage a été aboli par décret le 27 Avril 1848 dans les colonies et les possesions françaises, signée par le gouvernement provisoire de la 2e république et rédigé par Victor Schoelcher.

Ci-dessous une vidéo « Le visiteur de l’histoire » – Les pirates

2 thoughts on “Le parcours infernal d’un ancêtre marin sur des navires pratiquant l’esclavage

  1. je me suis inscrit à plusieurs groupes sur Facebook, mais je n’arrive pas à maîtriser celui-ci; y a-t-il quelque part un mode d’emploi ?
    je n’arrive pas, par exemple, à laisser un message ou à répondre à un message
    je n’arrive pas non plus à maîtriser les archives de la Marine : j’ai de nombreux ancêtres marins, les Pilven à Porspoder et Lanildut, les Sévellec à Crozon, je n’ai jamais réussi à les trouver aux archives de la Marine à Brest

    1. Bonjour Loic, pour les Groupes sur Facebook, il faut tout simplement s’y inscrire et le cas échéant être accepté par l’administrateur du Groupe. Puis pour poser une question dans un tel Groupe, rien de plus simple il suffit d’écrire votre message dans le case « Exprimez-vous » en haut et puis validez. Pour retrouver un ancêtre marin, il faut retrouver tout d’abord son matricule maritime dans les tables alphabétiques qui accompagnent ces registres d’inscription maritimes. Puis avec ce numéro vous allez retrouver votre ancêtre marin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>